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La Cinq

La Cinq a été la première chaîne généraliste française privée et gratuite

1985 : Le contexte de sa création
1985, à un peu plus d'un an des élections législatives, la gauche redoute un échec et souhaite alors créer un espace nouveau, hors du domaine institutionnel de la télévision publique, succeptible de toucher un large public (contrairement à Canal + crypté) et de constituer un relais d'opinion à ses idées si elle venait à retourner dans l'opposition.

François Mitterand lance alors dès janvier l'idée d'"un espace de liberté supplémentaire" et demande au gouvernement de Laurent Fabius d'étudier le projet. Le ministre de la communication, Georges Fillioud, propose la création de deux réseaux nationaux privés au capital desquels se retrouveraient groupes de presse, sociétés de production et publicitaires. L'avocat Jean Denis Bredin chargé par le premier ministre de rédiger un rapport sur l'ouverture de "l'espace télévisuel à la télévision privée" le lui remet le 14 janvier. Il préconise la création de deux chaînes nationales privées en clair financées par la publicité et dont les fréquences seront concédées par l'Etat conformément à l'art. 79 de la loi du 29 07 1982.

En novembre, le gouvernement accorde pour 18 ans à la société France Cinq une concession pour un nouveau canal hertzien de diffusion nationale. La Haute Autorité désapprouve le cahier des charges défini, mais n'a aucun pouvoir pour le modifier.

20/02/1986 - 02/02/1987 : La première Cinq

Le capital de la société France Cinq est réparti de la manière suivante :
- Le groupe Chargeurs Réunis dirigé par Jérôme Seydoux (60%), qui en prend la présidence.
- Le groupe italien Fininvest de Silvio Berlusconi (20%)
- Christophe Riboud (20%).

La Cinq commence à émettre le jeudi 20 février 1986 à 20h30 dans le cadre de l'émission de présentation de la chaîne Voilà la Cinq enregistrée dans les studios milanais du groupe Mediaset. Jusqu'à minuit, Christian Morin, Roger Zabel, Amanda Lear et Alain Gillot-Pétré vont recevoir les grandes vedettes de la variété française (Johnny Hallyday, Serge Gainsbourg, Mireille Mathieu, Charles Aznavour) invitées par Silvio Berlusconi à parrainer un show dont les effets n'ont rien à envier aux divertissements de TF1 ou d'Antenne 2.

A ses détracteurs qui l'accusent de vouloir fabriquer une télé "Coca-Cola", Silvio Berlusconi, qui bâtit les programmes de la Cinq à partir de ses catalogues, promet une télé plutôt "Beaujolais" avec "Champagne le dimanche". Les premières semaines de programmes sont alors constituées de jeux (Pentathlon, C'est beau la vie, Cherchez la femme) et de shows inspirés des formats à succès des chaînes italiennes de Silvio Berlusconi, comme Canale 5. Nouveauté dans le paysage audiovisuel français : les programmes sont rediffusés toutes les 3 heures et sont entrecoupés de plusieurs pages de publicités (jusqu'à trois) au sein d'un même programme.

Dès avril 1986, les séries télévisées américaines, avec quelques dessins animés japonais en matinée et fin d'après-midi, occupent toute la grille de la journée et la seconde partie de soirée. L'essentiel de ces séries ne sont pas inconnues des télespectateurs, car déjà diffusées sur d'autres chaînes dans les années 60 et 70 : Arnold et Willy, Happy Days, Mission Impossible, La Cinquième Dimension, Shérif, fais-moi peur ! ou Wonder Woman. Juste avant le film de 20h30, la case stratégique de 19h30 est occupée chaque jour de la semaine par une série inédite visant un public jeune et masculin : Supercopter le lundi, K2000 le mardi, Riptide le mercredi, CHiPs le jeudi et Tonnerre mécanique le vendredi.

Tous les soirs, un film de qualité variable est diffusé à 20h30.

Émissions


- C'est beau la vie, jeu présenté chaque jour par Alain Gillot-Pétré.
- Pentathlon, jeu présenté par Roger Zabel.
- Cherchez la femme, émission animée par Amanda Lear.
- 5 sur 5, émission animée par Christian Morin.
Les premiers animateurs sont soit des transfuges de TF1 (Christian Morin) ou d'Antenne 2 (Alain Gillot-Pétré, Roger Zabel), soit des transfuges des chaînes italiennes de Berlusconi (Amanda Lear).

1986 : La remise en cause

Suite aux élections législatives de mars 1986, la droite revient au pouvoir. Jacques Chirac est premier ministre : c'est la cohabitation. Il demande à son nouveau Ministre de la Communication, François Léotard, de mettre en œuvre la politique audiovisuelle du gouvernement : privatisation de TF1 (FR3 était initialement prévue) et annulation des concessions des deux nouvelles chaînes privées trop rapidement attribuées (sur pression de l'Elysée) sans réel appel d'offre. Le 3 février 1987, la concession de la Cinq est donc résiliée par la Commission nationale de la Communication et des Libertés (CNCL) qui a remplacée la Haute Autorité depuis le 30 septembre 1986.

Lorsque la chaîne doit être réattribuée par la CNCL, le premier candidat sur les rangs est le groupe Socpresse (Le Figaro, France Soir) de Robert Hersant qui, avec l'appui du gouvernement, cherche à s'implanter dans la télévision. Il s'allie à Silvio Berlusconi et Jérôme Seydoux pour constituer dès le 10 février la Société d'exploitation de La Cinq. Les seuls concurrents sérieux lors de cet appel d'offre sont Jimmy Goldsmith (Générale occidentale) et quelques associés, et la CLT. Cette dernière renonce après avoir obtenu l'assurance du gouvernement de récupérer la sixième chaîne. Hachette, qui concourre pour TF1, ne présente aucun projet. Le 23 février 1987, la CNCL accorde donc pour 10 ans la concession sur le cinquième réseau hertzien national à la Société d'exploitation de La Cinq.

03/02/1987 - 22/10/1990 : La seconde Cinq

Robert Hersant entre au capital de La Cinq en tant qu'opérateur de la chaîne.
Le capital de la société est réparti entre:
- Le groupe Socpress dirigé par Robert Hersant (25%), qui en prend la présidence.
- Le groupe italien Fininvest de Silvio Berlusconi (25%)
- Le groupe Chargeurs Réunis dirigé par Jérôme Seydoux
- Des actionnaires minoritaires (Jean-Marc Vernes, Les Echos, Télémétropole, Groupama)

Hersant nomme Philippe Ramond directeur. Les deux hommes misent sur l'information et engagent au printemps 1987 Patrice Duhamel comme directeur de l'information, le chargant de constituer une rédaction. Cette toute nouvelle rédaction s'installe au 241 boulevard Péreire à Paris dans un ancien garage Renault devenu le siège de la chaîne. Autour de quelques figures déjà connues des télespectateurs comme Jean-Claude Bourret ou Marie-France Cubbada venus de TF1, une équipe de jeunes journalistes va s'éfforcer de créer chaque jour à partir du 14 septembre 1987 cinq éditions au ton résolument direct et novateur.

Dans sa volonté de s'affirmer comme une grande chaîne généraliste, la nouvelle Cinq débauche aussi les trois animateurs à succès de TF1 en cours de privatisation (Patrick Sébastien, Patrick Sabatier et Stéphane Collaro) et s'assure les services de Philippe Bouvard (animateur d'une émission très populaire sur RTL, les Grosses Têtes, et collaborateur de longue date du groupe Hersant). À la rentrée 1987, la France se couvre d'affiches où les nouveaux animateurs, en photo, invitent le public à venir sur la chaîne, sous le slogan de « Cinq you La Cinq! ».

Cependant, en cette période, la chaîne ne peut être reçue que sur une partie restreinte du territoire, surtout dans les villes, alors que les animateurs proposent des programmes pudiquement appelés « France profonde ». Par ailleurs, les nouvelles chaînes diffusent sur une variante plus moderne du SECAM, compatible avec le télétexte, et apparaissent en noir et blanc sur des postes un peu anciens. Si les émissions d'information de la Cinq rencontrent un certain succès autour des journaux de Jean-Claude Bourret à 13h, qui donne la parole aux télespectateurs via un sondage par minitel en fin de journal, ou remet le débat à l'honneur dans son "Duel sur la Cinq" d'avant journal, ou le 20h de Guillaume Durand couronné meilleur journal par un 7 d'or en 1989, ou l'émission de grand reportage de Patrick de Carolis "Reporters", les autres émissions de la chaîne ne marchent pas bien et les animateurs vedettes finissent par regagner TF1 au bout d'un an. La Cinq va vivre alors deux années axées sur l'information (révolution roumaine en 1989, Paris-Dakar) et les films issus du catalogue Berlusconi ( « Cinéma ou télévision, La Cinq, tous les soirs un film! »).

Émissions


- Farandole, émission animée chaque samedi de 1987 par Patrick Sébastien.
- Bon Anniversaire, émission animée chaque vendredi de 1987 par Patrick Sabatier.
- Collaricocoshow, émission animée chaque mercredi de 1987 par Stéphane Collaro.
- La Porte Magique, jeu animé chaque soir à 19h00 par Michel Robbe.
- En route pour l'aventure, jeu d'aventure pour enfants proposé chaque mercredi à 17h40.
- Vive la télé, émission de Gérard Jourd'hui diffusée chaque jour de 1987 de 13h30 à 17h00 et proposant de revoir d'anciennes grandes séries de l'ORTF (Les Saintes Chéries, Arsène Lupin, Les nouvelles aventures de Vidocq, Chéri Bibi) et quelques séries américaines des années 60 (Max la menace). Cette émission qui puisait aux archives de l'INA permettait à La Cinq de respecter à peu de frais son quota de diffusion d'œuvres françaises tout en servant de "mémoire de la télévision".
- Youpi! L'école est finie, émission pour la jeunesse proposée chaque jour de 07h00 à 09h00 et de 17h00 à 18h00 avec de nombreux dessins animés (Les Schtroumpfs, Jeanne et Serge, Denis la malice, Olive et Tom...). Elle était animée depuis un vaisseau spatial par un lapin en dessin animé.
- 5 rue du Théâtre en 1987 puis Boulevard Bouvard en 1988, émissions de sketchs animées chaque soir à 19h30 par Philippe Bouvard.
- Face à France, émission de Thierry Ardisson et Catherine Barma, animée par Guillaume Durand, qui confrontait une personnalité à un panel de spectateurs représentatifs sélectionnés par IPSOS et permettait ainsi, au fil des questions, de faire plus ample connaissance avec l'invité.
- Bains de minuit émission branchée créée et présentée par Thierry Ardisson depuis les bains-douches à Paris.

L'information


- Le journal permanent, édition tout en image de 5h00 à 7h30 : une innovation à la télévision française bien avant les chaînes d'information en continu.
- Le journal de 13h00, présenté du lundi au vendredi par Jean-Claude Bourret.
- Le journal de 20h00, présenté en 1987 du lundi au vendredi par Marie-France Cubbada et le week-end par Guillaume Durand, puis inversement de 1988 à 1990.
- Le minuit pile, édition tout en image tous les soirs à minuit.
- Duel sur la Cinq, émission de Jean-Claude Bourret diffusée du lundi au vendredi à 12h30 juste avant le journal et dans laquelle deux avis opposés venaient débattre sur des questions politiques ou de société. Débat parfois stérile ou joute croustillante, cette émission réunit sur un même plateau des antagonismes aussi profonds que ceux d'Arlette Laguiller et Jean-Claude Martinez. Son grand mérite était de laisser s'exprimer chacun des contradicteurs sans aucune intervention intempestive du présentateur dont le rôle se résumait à veiller à l'égalité du temps de parole des deux intervenants.
- Reporters, magazine de grand reportage créée et présentée par Patrick de Carolis tous les samedis de 12h30 à 13h00, puis, en 1990, en semaine de 19h00 à 19h40. Elle fut la première émission à remettre à l'honneur le grand reportage à la télévision après Cinq colonnes à la Une et bien avant Envoyé Spécial.
- Histoires vraies, émission inspirée des dossiers de l'écran, diffusée dès 1990 chaque mercredi à 20h45, elle était constitué d'un film ou documentaire suivi vers 22h30 d'un débat en plateau avec des invités autour de Gilles Schneider et Béatrice Schönberg.
- Nomades magazine de l'aventure créée par Patrick de Carolis tous les samedis à 23h30.

23/10/1991 - 12/04/1992 : Le déclin et la mort

Sous le poids des dettes, Robert Hersant cède sa part au groupe Hachette, alors dirigé par Jean-Luc Lagardère, candidat malheureux au rachat de TF1 en 1987 et qui rêve d'acquérir une chaîne de télévision nationale. Le 23 octobre 1990, le CSA accorde la chaîne à Hachette qui promet de "sauver la Cinq".

Hachette va tout changer en commençant par l'identité de la chaîne. Jean-Paul Goude créé un nouveau logo (le dernier, voir photo ci-dessous) et tout l'habillage est remanié. Pendant un an, la chaîne multiplie les nouvelles émissions (22) qui s'arrêtent toutes au bout de quelques jours ou quelques mois sans parvenir à augmenter significativement les parts de marché (à l'exception de la Formule 1, motomondial, et Paris-Dakar, qui ont du succès).

Un an après la reprise par Hachette, son déficit s'élève à 1 milliard de francs. Son PDG, Yves Sabouret, doit alors licencier 576 salariés, soit les trois quarts du personnel de la chaîne. Le 31 décembre 1991, La Cinq est placée en redressement judiciaire. L'association de soutien à La Cinq créée par Jean-Claude Bourret et des journalistes de la chaîne réunit 800 000 adhérents mais suite au retrait du plan de sauvetage de Silvio Berlusconi (pressé par Jacques Chirac et le lobby de TF1, France 2 et France 3, qui proposaient la naissance d'une chaîne d'information), La Cinq cesse définitivement d'émettre le dimanche 12 avril 1992 à minuit.

La dernière émission, Vive la 5, a commencé à 20 h 50, depuis le dernier journal. Elle a eu lieu dans la rédaction de la chaîne, avec tout le personnel. Présentée par Gilles Schneider (actuel directeur de France Inter), Marie-Laure Augry (alors présentatrice du journal de 13 heures), Jean-Claude Bourret (alors présentateur des journaux du week-end), et Patrice Duhamel, directeur de l'information, elle proposait de revivre les 6 années d'existence de la chaîne. Elle s'est terminée par une longue série d'adieux, une animation d'une «éclipse totale» au son du mythique générique des JT et finalement un émouvant écran noir avec le texte «La Cinq vous prie de l'excuser pour cette interruption définitive de l'image et du son», puis, seulement, «C'est fini». « L'émission » d'après avait pour titre le Trou noir selon les magazines de télévision. La Cinq aura été la première chaîne généraliste française à mourir en direct.

Quelques jours plus tard , le gouvernement Bérégovoy a fait valoir son droit de préemption sur le 5ème réseau pour y installer Arte, qui a démarré ses émissions le 28 septembre 1992, en diffusant le soir à partir de 19h00. Le 13 décembre 1994 est apparue La Cinquième, qui diffuse ses programmes sur le même réseau pendant la journée. Cette dernière a été renommée France 5 depuis 2002.

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